Tous les ans, un élève sur cinq connaît des problèmes de santé mentale… C’est un d’entre nous sur cinq. 70 pour cent des problèmes de santé mentale commencent durant l’enfance ou l’adolescence. Ce n’est pas facile de surmonter ça tout seul. Plus d’1 million d’enfants et de jeunes sont touchés par une maladie mentale…, mais moins de 20 pour cent sont traités… Seulement 1 sur 5 reçoit un traitement. Chez les Premières Nations, près d’un quart de jeunes signalent une détresse psychologique… Comment pouvons-nous les aider? Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les adolescents… Le suicide. Je suis Andréanne Fleck. Je suis travailleuse sociale et je suis aussi une coach pour la mise en œuvre avec l’équipe d’appui pour la santé mentale dans les écoles. Je m’appelle Amy Cheung et je suis psychiatre. Je travaille à l’Université de Toronto et au Centre Sunnybrook des sciences de la santé. J’aide les jeunes et leur famille qui sont aux prises avec une maladie mentale. Vous comme enseignants, vous avez vraiment un rôle unique à jouer en salle de classe pour remarquer lorsque les élèves sont plus vulnérables, se sentent en détresse, ou vraiment ne vont pas bien. Tout d’abord, il faut se rappeler que ce n’est pas à vous de diagnostiquer si une ou un élève a une maladie mentale. Vous pouvez faire des choses simples pour vous aider à vous sentir plus confiant. La première est de vous renseigner, d’apprendre à connaître les différentes maladies mentales. La deuxième est de trouver les ressources qui sont à votre disposition dans votre milieu scolaire. Il n’y a rien de tel que d’avoir divers points d’ancrage pour vous donner confiance. Souvent, quand je vois des adolescents en détresse, ils ne se sentent pas à l’aise de parler de leurs difficultés avec leurs parents. La stigmatisation face à la santé mentale, c’est un des obstacles les plus majeurs qui préviennent les jeunes –et les adultes bien sûr–, d’aller chercher de l’aide quand ils en ont besoin. Et donc, c’est vraiment important d’ouvrir la discussion en salle de classe. Je suis sûre que beaucoup d’entre vous commenceront l’année scolaire en parlant de votre approche de l’enseignement et de l’apprentissage, et du fait que vous êtes toujours réceptif s’ils veulent vous parler de leurs difficultés dans leur apprentissage. Vous pouvez faire la même chose pour la santé et la maladie mentale. Dites-leur que vous êtes un adulte bienveillant dans leur vie et qu’ils peuvent vous aborder s’ils éprouvent des difficultés dans d’autres domaines comme la santé mentale. Comment est-ce que vous accueillez votre élève tous les jours lorsqu’il ou elle arrive à l’école? Comment est-ce que vous l’engagez dans la discussion en salle de classe? Toutes ces choses sont tellement importantes et sont de base pour créer un sentiment d’appartenance dans la salle de classe avec vous comme enseignant et aussi parmi les autres élèves. Il y a une vrament différence entre la maladie et la détresse mentale. La maladie mentale, comme la dépression, est comme toute autre maladie physique qu’une personne peut vivre au cours de sa vie. C’est comme le diabète, l’asthme ou le cancer par exemple. La détresse mentale, par contre, c’est lorsqu’une personne éprouve des difficultés dans sa vie et qu’elle ne se sent pas bien du point de vue émotionnel. Quels sont, par exemple, des signes précurseurs auxquels on doit faire attention, comme enseignant. Qu’est-ce qu’on veut reconnaître chez les jeunes pour nous aider à mieux déceler de façon précoce lorsque ça ne va pas? Donc tout cela, c’est en lien avec la santé mentale. En ce qui concerne la maladie mentale, ou les problèmes plus récurrents chez les élèves, et bien c’est important de savoir que ça peut exister et qu’il y a des signes précurseurs auxquels on veut faire attention. Donc, les signes courants de maladie mentale peuvent changer selon l’âge de vos élèves. Chez les plus jeunes, parce qu’ils sont incapables de verbaliser ce qui leur arrive, ils peuvent se comporter, entre guillemets… mal. Il se peut qu’ils aient des crises émotionnelles, qu’ils se disputent avec leurs amis, qu’ils ne soient pas capables de se concentrer ou même de rester assis. Plus tard, quand ils deviennent capables de verbaliser ce qui se passe, les élèves peuvent partager avec vous leurs peurs, leurs angoisses ou leurs tristesses. Ils commenceront aussi à éprouver des difficultés dans leur travail scolaire, en étant peut-être incapables de terminer leurs devoirs à temps et de bien réussir en classe. Arrivés à l’adolescence, les élèves commenceront à se replier sur eux-mêmes et à devenir provocants avec leurs enseignants et avec leur famille. Malheureusement, certains de vos élèves auront été victimes de maltraitance à un moment de leur vie, peut-être sous la forme de violence psychologique, verbale ou physique. La maltraitance peut avoir des répercussions importantes sur votre élève et sur sa santé mentale. En fait, la majorité des élèves qui sont victimes de maltraitance vont développer une dépression ou de l’anxiété à l’adolescence. Le suicide est la deuxième cause de décès chez les jeunes au Canada, et il est très important de repérer les élèves qui ont des pensées suicidaires ou désespérées et d’y remédier immédiatement. Si une ou un élève vous préoccupe, rappelez-vous que les problèmes ont probablement commencé bien avant que vous ne le remarquiez. La santé mentale peut avoir d’importantes répercussions à long terme sur les élèves, parce que l’enfance et l’adolescence sont des périodes très importantes durant lesquelles les jeunes se développent physiquement et développent leurs capacités à établir des relations et à apprendre. Le fait d’avoir une maladie mentale à cet âge-là peut vraiment avoir une incidence sur l’adulte qu’ils deviendront. Il n’est pas important que vous sachiez si une ou un élève qui vous inquiète souffre d’une maladie mentale ou d’une détresse mentale, car votre approche à son égard sera la même. Vous voulez aborder cet élève individuellement dans un milieu sûr où l’élève peut discuter avec vous en toute confidentialité. Naturellement, lorsque vous développez de bonnes relations avec vos élèves, il y en a certains qui vont vouloir se tourner vers vous ou bien qui vont vouloir vous divulguer certaines confidences. Il est très important de se rappeler que, bien que vous êtes en mesure de les aider à votre plein potentiel, que vous avez toutefois des limites de confidentialité. Et cela est important de le partager avec les élèves afin qu’ils sachent que vous allez peut-être le rapporter à quelqu’un, mais c’est pour aller chercher l’aide dont ils ont besoin. Vous pouvez repérer les élèves de votre classe qui éprouvent des difficultés, mais ce n’est pas à vous de diagnostiquer leur maladie mentale. C’est le travail des professionnels qui peuvent vous épauler, et il est important en tant qu’enseignant de savoir qui sont ces personnes dans votre milieu scolaire. Comme enseignants, on vous encourage de connaître les politiques par rapport à la santé mentale au sein de votre conseil scolaire, c’est important dans la mesure où, lorsque vous reconnaissez qu’un enfant est aux prises avec un problème ou qu’un de vos élèves est peut-être plus vulnérable dans une situation qu’une autre, vous allez savoir vers qui vous tourner et comment vous y prendre selon ces procédures. L’Équipe d’appui pour la santé mentale, par exemple, a un site web qui vous fournit des tutoriels en ligne pour vous appuyer dans votre apprentissage, dans votre cheminement, mais vous pouvez certainement parler à votre direction d’école qui pourrait vous pointer dans la bonne direction. Vous pouvez en parler avec vos collègues qui ont peut-être déjà enseigné à cet élève. Votre leader en santé mentale va certainement être une très bonne ressource pour vous appuyer. Et, si vous y avez accès, un travailleur ou une travailleuse sociale au sein de votre école ou, un ou une psychologue aussi, pourrait vous aider à cheminer dans cet apprentissage. L’important c’est de savoir que vous n’êtes vraiment pas seuls et que vous avez des ressources à votre disposition. En tant que communauté, nous sommes tous ici pour aider nos élèves à s’épanouir et à obtenir l’aide dont ils ont besoin. Vous n’êtes jamais seul dans cette situation. Nous sommes nombreux à pouvoir vous aider. Merci. Merci. Merci de veiller sur nous.